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La moto et moi...
Premiers contacts
Premières expériences
L'envie
Le besoin
L'insciption au permis
Les cours
Le permis
La première moto


Premiers contacts | laurent-roy.com | contact | Top |

Les premiers contacts avec le monde de la moto dont j'aie le souvenir remontent au tout début des années 70. J'avais alors 10 ans, et faisais mon entrée en sixième au Lycée Paul Langevin, à Suresnes. Nombre de lycéens de l'époque roulaient en 2 roues: qui en vélo, qui en cyclo, en scooter, voire en moto de grosse cylindrée, les lois de l'époque n'étant pas aussi restrictives que celles d'aujourd'hui...

C'est là que je me souviens avoir trainé et rèvé avec mes copains autour des bécanes de l'époque, dans le parking du Lycée. Nos seuls critères de jugement étaient alors le nombre de pots d'échappement et la graduation du compteur de vitesse...

Les deux roues de cette époque qui m'ont le plus marqué sont d'une part les Gitane Testi Champion et, presqu'à l'opposé, une bien plus grosse dont je crois me rappeler qu'il s'agissait d'une Laverda 750s.



Premières expériences | laurent-roy.com | contact | Top |

Quelques années plus tard, en 1975, quelle ne fut pas ma surprise en tant que nouvel élève du "Lycée Technique d'Etat Mixte Mars et Roty" à Puteaux (écroulé depuis), d'y découvrir non seulement de nombreuses motos, mais également un Moto-Club du lycée !!! Le surveillant général lui-même roulait si mes souvenirs sont exacts en BMW R90S, un des pions en MZ, et certains de mes camarades de classe sur d'autres modèles allant du Yamaha 125TY (n'est-ce pas Marc) au Honda 125K5 en passant par un Bicylindres Morini... Sans parler des nombreux cyclos Kreidler, Yamaha et bien sùr Motobécane...

La Morini était celle d'un copain de classe. Je ne me souviens plus de comment l'affaire s'était montée, mais bon. Chaque fois que nous allions à la piscine de l'université de Nanterre pour le cours de gym, au lieu d'y aller en car avec les autres, il m'emmenait derrière lui. Un autre me prétait son casque, je prenais mes gants de ski, et vroummm ! C'était parti...

C'est vraiment là que j'ai connu pour les premières fois le plaisir de rouler en moto, même si ce n'était qu'en passager...



L'envie | laurent-roy.com | contact | Top |

Même si le plaisir de rouler en moto m'était connu, je n'étais pas intéressé par le sujet au point de vouloir posséder ma propre moto. De plus, même si ça avait été le cas, cela n'aurait pas été financièrement envisageable.

Ce n'est qu'après être entré dans la vie active que l'envie me vint. On était en 1979, je venais d'avoir 19 ans, et cela se produisit presque accidentellement. La société dans laquelle je venais de me faire embaucher étant fermée au mois d'Aoùt, c'est pour passer le temps dans le train qui me ramenait de vacances que j'achetai par pure curiosité (quoique, va savoir...) deux revues de moto: Le "Moto journal" de la semaine, ainsi que son hors série "spécial essais" du moment...

C'est là, en lisant des essais, le courrier du lecteur, la "carte postale du bout du monde" de Fred, les petites annnces, le Magic Puces... Bref, je ne vais quand même pas vous relire l'intégralité du sommaire, et en lisant les essais des 125 Aspes et autres monstres de l'époque, que je me pris à envisager la chose un peu plus sérieusement...



Le besoin | laurent-roy.com | contact | Top |

Comme toujours, c'est quand on commence à s'intéresser à un sujet qu'on a l'impression de le voir surgir sous toutes les formes et à chaque coin de rue... Lors de mes interminables (de plus en plus) trajets quotidiens en bus bondés, je me mis alors alternativement à la lecture assidue de la presse moto, et à l'observation attentive de tout ce qui circulait sur deux roues avec un moteur...

C'est ainsi qu'au fur et à mesure que l'espace difficilement conquis dans le bus quotidien semblait rétrécir alors que les limites de celui dont les motards (le mot était lâché) disposaient semblaient de plus en plus lointaines, que l'envie se transforma en un irrépressible besoin...


L'insciption au permis | laurent-roy.com | contact | Top |

La décision était prise : Je ferai de la moto. Après avoir annoncé cette (irrévocable) décision à mes parents (et les avoir vu accuser le coup), il me fallut passer aux choses concrètes: Le permis... Il faut savoir qu'à cette époque de ma vie, les seul engins motorisés que j'avais eu entre les mains étaient les cyclos que quelques copains et copines avaient eu la gentillesse de me prêter... Mes parents n'ayant jamais possédé de voiture, je n'avais aucune expérience de la route, et n'avais aucune idée de ce que pouvait bien vouloir signifier des mots comme "embrayage"...

Dire que je partais de zéro est donc un doux euphémisme, et la tête du moniteur de l'auto-école quand il comprit le boulôt à accomplir le confirma. Mais il était dit que rien ne pourrait entammer ma détermination, et je m'inscrivis pour démarrer mon apprentissage...


Les cours | laurent-roy.com | contact | Top |

En ce qui concernait le code, et malgré les recommandations du moniteur, je décidais que les cours n'étaient en aucun cas nécessaires. C'est donc armé d'un "Code Rousseau" que je potassais tous les soirs seul que je m'y préparais.

Pour la conduite, on a vu que rien n'était joué, et qu'il allait y avoir du boulôt. Je retroussai donc mes manches (et le moniteur les siennes) et commençai par apprendre dans le même temps à quoi pouvaient bien servir toutes ces commandes, où elles étaient situées, et enfin la façon dont on devait s'en servir tout en gardant l'équilibre et en étant concentré sur la route et le trafic... Facile !

Heureusement pour moi, ces premiers contacts se faisaient sur un parking et non pas dans la circulation. C'est du moins ce qui était prévu !

En effêt, le soir où je devais pour la première fois conduire moi-même la 400 Four Supersport (!) de l'auto-école au parking d'entrainement (jusqu'alors, je faisait le trajet en passager), j'oubliai de vérifier que le robinet d'essence était bien ouvert.
- Comme de bien entendu, je ne tardai pas à caler en route, laissant filer devant le moniteur que je devais suivre...
- Comme de bien entendu, la rue dans laquelle j'avais calé étant en sens interdit, le moniteur ne me voyant plus dans ses rétros dût faire le tour du quartier pour me rejoindre et voir ce qui se passait...
- Comme de bien entendu, le temps qu'il arrive, j'avais trouvé "la panne", et étais reparti en direction du parking...
- Comme de bien entendu, le moniteur ne me trouvant pas, décidait de revenir à l'auto école, pensant que j'y étais retourné...
- Comme de bien entendu, arrivé au parking et ne trouvant pas le moniteur, je décidai de rentrer seul à l'auto école...
C'est seulement sur le chemin du retour que nous nous croisâmes (un bon quart d'heure plus tard), lui au bord de l'infarctus, et moi guère plus stressé que ça, ne réalisant même pas que je roulais sans permis et sans moniteur et qu'en cas de pépin, l'auto-école risquait de très sérieux problèmes. Le moniteur me remit très vite (dès qu'il eut repris son souffle et ses esprits) les pieds sur terre, et ce fût la fin de la leçon du jour...

Heureusement pour les apprentis motards d'aujourd'hui, avec les portables, ce type d'incident est désormais plus qu'improbable...



Le permis | laurent-roy.com | contact | Top |

L'épreuve du code n'en fût pas une, et c'est sans problème et à la grande surprise du moniteur qui aurait préféré me donner quelques cours et m'y entrainer auparavant, que j'y fût reçu.

C'est au matin du 17 décembre 1979 que je me rendis à l'auto-école, d'où nous (les postulants) devions partir vers le parking où se dérouleraient les épreuves pratiques. Ce jour là, les conditions météorologiques étaient particulièrement mauvaise : de fortes rafales de vent, et beaucoup de pluie. L'ambiance était donc moyenne au moment de partir de l'auto-école, et quand le moniteur qui nous accompagnait demanda un(e) volontaire pour prendre la moto alors qu'il accompagnerait les autres en voiture, il se trouva bizarrement que chacun avait un truc à regarder au bout d'une de ses chaussures... Comme cela commençait à durer, je me portai volontaire, me disant que le trajet Nanterre / Vaucresson me ferait un dernier entraînement, et que de toutes les manières, si je n'étais pas capable de le faire, je n'avais de toutes façons aucune chance d'avoir le permis...

Arrivés sur place après un parcours sans problème, le temps n'avait pas changé. Le parking sur lequel se déroulaient les épreuves "lentes" était en pente, pourvu de plaques de gravillons, et complètement détrempé, alors que la pluie tombait presque à l'horizontale ! Il y avait tellement de vent que l'inspecteur dùt réquisitionner des élèves pour tenir les piquets délimitant le "virage serré" qui précédait la phase "accélération freinage" finale...

Ceci dit l'inspecteur en question se montra compréhensif, et nous mit à l'aise (du moins le pensait-il sùrement) en nous demandant de ne prendre aucun risque, et que les conditions météorologiques étant ce qu'elles étaient, il se montrerait indulgent sur les petites erreurs.

Le "parcours lent" se déroula sans problème, puis mon tour vînt d'attaquer (si l'on peut dire) la partie "conduite sur route". Le haut parleur me crachouillait les ordres de l'inspecteur qui suivait en voiture, et voilà ce que ça donna :
- "En sortant du parking, tournez à droite"
- "Tournez à droite"
- "Tournez à droite"
- "Tournez à droite"
- "Tournez à droite, rentrez sur le parking, garez la moto et attendez que je vous fasse signe pour venir"

Pour ceux qui ont bien suivi, ça correspond à sortir du parking, et y rentrer par le chemin le plus court... Je me mis donc à paniquer : "J'ai du faire une énorme connerie dès le début, et en plus je m'en suis même pas rendu compte !". Après avoir tripatouillé le sélecteur pour trouver ce satané point mort (dont le voyant témoin était mort depuis longtemps), mis la moto sur la béquille et en être descendu, je scrutai avec inquiétude la voiture dans laquelle le moniteur et l'inspecteur discutaient, attendant impatiemment le signe de ce dernier...

Quand il finit par baisser son carreau et me fit signe de les rejoindre, ce fut pour me dire : "Bon, je vois bien que vous êtes à l'aise, ce n'est pas la peine de risquer un accident avec cette météo, voilà votre permis, félicitation, et soyez prudent !".


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Au départ, j'étais donc parti pour une 125, et plus précisément une Honda 125 CG (oui-oui, celle des postiers !), pour ses qualités de robustesse vantées unanimement, et aussi pour son prix modique. Il faut vous dire qu'à l'époque, je n'y connaissait rien en mécanique, et que l'idée d'acheter une moto d'occasion m'effrayait : peur de me faire avoir et d'acheter un tréteau qui ne manquerait ensuite pas de me valoir de nombreux soucis, au moins mécaniques, sinon financiers...

Malheureusement (ou heureusement, on ne le saura jamais) pour moi, Honda avait manifestement à ce moment là retiré ce modèle de son catalogue... C'est ainsi qu'après avoir revu mon budget à la hausse et, tout en restant chez Honda pour la réputation de robustesse de ses machines, je devins l'heureux propriétaire d'une 125 XLS...

La livraison de la moto se fit bien sur en février un jour de pluie battante et glaciale. Le mécano (très sympa et patient) me fit une prise en main rapide de la machine, me dit d'aller faire le plein à la station située à 20m de là, et me laissa en tête à tête avec ma nouvelle conquette...

Le plein fait, et à peine 500m parcourus, le moteur se mit à mal fonctionner, ne prenant plus ses tours pour finir par caler sans vouloir redémarer ensuite (pour rappel, pas de démarreur, mais un kick). Après un moment d'incompréhension à la limite du désespoir, je me repris, et me repassais en tête toutes les instructions du mécano: "d'abord tu ouvres le robinet d'essence, tu mets le starter (seulement à froid), le contact, un bon coup de kick et ça part du premier coup ! Une fois qu'elle est chaude, tu coupe le starter, et voilà..." "Et voilà". J'avais tout bien fait comme il fallait SAUF couper le starter une fois qu'elle était chaude...

Cette erreur de débutant réparée et après quelques coups de kick, le moteur redémarra enfin, et je pus rejoindre le domicile familial (porte d'Orléans/Nanterre). N'étant pas encore équipé d'une combinaison de pluie, et n'ayant pour me protéger qu'un pantalon et un blouson de K-Way, c'est trempé jusqu'aux os, mais heureux comme un prince que je parvins à destination...

Honda 125CG



A SUIVRE...



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